Honduras : une nouvelle caravane part vers les États-Unis le jour des élections, Washington sanctionne les organisateurs

Plusieurs dizaines de migrants ont quitté San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, le mardi 3 novembre 2026, jour des élections de mi-mandat aux États-Unis. C’est la troisième caravane à partir du pays depuis septembre. Washington a répondu en durcissant le ton : l’administration américaine a commencé à restreindre les visas de personnes accusées d’organiser ces marches collectives.

Un départ calé sur le calendrier américain

Selon l’AFP, reprise par Diario Las Américas, le groupe s’est rassemblé au terminal de bus de San Pedro Sula avant de prendre la direction du poste-frontière de Corinto, vers le Guatemala. L’appel à se joindre au cortège a circulé sur TikTok et WhatsApp. Aucun chiffre précis n’a été communiqué sur le nombre de participants ni sur leurs nationalités. Les caravanes précédentes réunissaient des Honduriens, mais aussi des Salvadoriens, des Guatémaltèques, des Nicaraguayens et des Mexicains.

Plusieurs participants disent espérer que le résultat du scrutin modifiera la politique migratoire de Washington. L’un d’eux, Jesús Carías, 30 ans, voyage avec son épouse et leurs trois enfants mineurs : c’est sa quatrième tentative pour entrer aux États-Unis. L’ambassade américaine à Tegucigalpa a réagi sur X en affirmant que ces caravanes n’avaient « aucune possibilité » d’entrer dans le pays.

Ce départ s’inscrit dans une série. Une première caravane, baptisée « Fe y Esperanza » (Foi et Espérance), avait quitté San Pedro Sula le 20 septembre. Arrivée à Tapachula, dans le sud du Mexique, elle a ensuite été dispersée après une intervention des autorités mexicaines. Une deuxième est partie du Honduras le 13 octobre, puis a quitté Tapachula le 20 octobre sous le nom de « Fe y Esperanza 2 ». La presse mexicaine estimait alors qu’elle comptait plus de 600 personnes.

Des restrictions de visa contre les organisateurs

Le 29 octobre, le département d’État a annoncé avoir commencé, la semaine précédente, à imposer des restrictions de visa à plus de 15 personnes accusées d’organiser, de faciliter ou de promouvoir des caravanes en Amérique centrale et au Mexique. Leurs noms, nationalités et lieux de résidence n’ont pas été rendus publics. Selon le porte-parole Tommy Pigott, ces personnes, de même que les participants aux caravanes qui demanderaient un visa, feront l’objet d’un examen renforcé pouvant aller jusqu’au refus ou à la révocation du visa.

La mesure s’appuie sur une politique de visas annoncée par le secrétaire d’État Marco Rubio le 5 mars 2025, qui vise les personnes facilitant sciemment l’immigration irrégulière. Plusieurs questions restent ouvertes : l’administration n’a pas précisé ce qu’elle entend par « soutien » à une caravane, ni si une aide humanitaire ou juridique pourrait être concernée. Le département de la Sécurité intérieure (DHS) affirme par ailleurs avoir révoqué le statut migratoire de 2,2 millions d’étrangers depuis janvier 2025.

Sources : Diario Las Américas / AFP ; Newsweek ; Latinus

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