Climat : près de 90 millions de déplacés exposés à de graves risques, alerte le HCR avant la COP31

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a publié le 5 novembre 2026 un rapport selon lequel près de 90 millions de réfugiés et de personnes déplacées de force font face à des risques climatiques sévères. L’agence demande que ces populations soient prises en compte dans les plans et les financements climatiques, à l’approche de la COP31, qui se tient à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre.

Trois déplacés sur quatre dans des pays exposés

Selon le HCR, environ trois quarts des personnes déplacées dans le monde vivent dans des pays fortement exposés aux aléas climatiques : sécheresses, inondations, chaleur extrême. Le phénomène touche aussi les retours : plus des deux tiers des réfugiés rentrés chez eux au premier semestre 2026 ont regagné des pays très vulnérables. L’agence cite notamment la Syrie, où près de quatre millions de personnes déplacées sont récemment revenues, alors que l’Euphrate a connu de fortes crues en mai.

Les projections concernent particulièrement l’Afrique. D’ici 2050, un camp ou site de réfugiés sur trois en Afrique subsaharienne pourrait connaître au moins 100 jours de chaleur dangereuse par an. À plus court terme, des inondations liées au phénomène El Niño pourraient provoquer le déplacement de jusqu’à trois millions de personnes en Somalie, au Kenya, au Soudan du Sud et en Ouganda d’ici la fin de 2026. Le rapport rappelle que les catastrophes liées à la météo ont entraîné plus de 255 millions de déplacements internes au cours des dix dernières années, soit environ 70 000 par jour.

Un financement climatique qui n’arrive pas

Le HCR souligne un déséquilibre : seuls 10 % environ des financements climatiques internationaux vont aux pays fragiles ou touchés par des conflits, qui accueillent pourtant une grande partie des déplacés exposés. Le haut-commissaire assistant chargé des opérations, Antón Leis García, parle d’une « double injustice » : ces personnes ont fui des guerres dont elles ne sont pas responsables et se retrouvent en première ligne d’une crise climatique à laquelle elles ont le moins contribué. Il estime que l’adaptation au changement climatique dans les zones d’insécurité est devenue une question de survie pour les communautés.

À Antalya, l’agence onusienne compte demander aux États et aux institutions financières d’intégrer les réfugiés et les déplacés dans les plans climatiques nationaux et dans les mécanismes de financement, afin que l’argent atteigne les communautés qui en ont le plus besoin.

Sources : RTÉ ; Pajhwok Afghan News ; HCR, communiqué de presse

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