Comores : une trentaine de migrants congolais abandonnés en mer, une mère et son enfant portés disparus

Le 9 septembre, une trentaine de migrants, originaires du Congo, ont réussi à atteindre à la nage une plage des Comores, après avoir été abandonnés en plein mer par leurs passeurs. Selon les témoignages recueillis par des témoins, ils espéraient débarquer à Mayotte. Une mère et son enfant sont portés disparus.

Abandonnés en pleine mer. Une trentaine de migrants ayant frôlé la mort ont raconté avoir rejoint à la nage une plage comorienne, près de Mohéli, après avoir été forcés de se jeter à l’eau par leurs passeurs, le 9 septembre 2026. Partis de Tanzanie dans l’espoir de rejoindre Mayotte, à 800 km de là, ils ont assuré que les trafiquants qui les prenaient en charge les avaient obligés à gagner la terre ferme à la nage.

Selon les survivants, une mère et son enfant manquent à l’appel.

Ce genre de drames n’est hélas pas nouveau. En mars 2026, au moins 18 migrants – dont une majorité de nationalité congolaise – avaient perdu la vie près des côtes des Comores en tentant de rejoindre Mayotte. Les passeurs leur avaient fait croire qu’ils étaient arrivés sur l’île française et les ont déposés sur un banc de sable en mer. Beaucoup se sont noyés en tentant de rejoindre la plage.

La route migratoire entre la côte est-africaine et Mayotte a été réactivée il y a quelques mois par les passeurs. Les migrants congolais – qui fuient la guerre au Kivu et cherchent une destination de sécurité – empruntent désormais massivement cet itinéraire dangereux en transitant par la Tanzanie.

A lire aussi
« Mayotte, je n’en avais jamais entendu parler » : l’exil vers l’inconnu des Congolais fuyant le continent africain à tout prix (1/5)

Depuis plusieurs mois, Mayotte est ainsi devenue la destination de milliers de Congolais qui fuient la violence du conflit qui ravage l’est de leur pays. Un afflux migratoire tel que les ressortissants de RDC sont aujourd’hui la première nationalité de demandeurs d’asile sur l’île, loin devant les Comoriens – qui occupaient depuis des années la première place.

Un trajet immensément dangereux

Qu’ils viennent de RDC ou des Comores, les migrants prennent d’immenses risques. Les drames sont récurrents dans cette zone maritime. Il faut au moins cinq jours pour rejoindre Mayotte depuis la Tanzanie à la merci des courants et des intempéries. Si le trajet entre Anjouan et Mayotte n’excède pas 70 km, le trajet reste mortel. InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages de Comoriens ayant perdu un proche dans l’Océan indien.

https://www.tiktok.com/embed/v2/7631513225451801878?lang=fr&referrer=https%3A%2F%2Fwww.infomigrants.net%2Ffr%2Fpost%2F73679%2Fcomores–une-trentaine-de-migrants-congolais-abandonnes-en-mer-une-mere-et-son-enfant-portes-disparus

En août 2026, une embarcation de fortune transportant 11 migrants originaires des Comores a chaviré au large de Mayotte, faisant un mort. Le naufrage a eu lieu après qu’un bateau des gardes-côtes comoriens a tenté d’intercepter le bateau, selon une source policière interrogé par l’AFP.

Aucun bilan précis n’existe sur ce couloir migratoire dans l’océan indien. Mais d’après les données publiques du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Sud océan Indien, au moins 477 exilés sont morts ou ont disparu dans les eaux territoriales françaises autour de Mayotte depuis 2010. Un rapport du Sénat français de 2012 qui soulignait « les dangers de longue date de cette route » estimait que ces traversées ont causé « entre 7 000 et 10 000 morts entre 1995 et 2011 ».

Pour rappel, aucune ONG ne sillonne la zone, il est probable que de nombreuses embarcations précaires aient coulé sans avoir été répertoriées.

Sources: Infomigrants

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut