Vingt-et-un migrants qui avaient lancé, samedi soir, des pierres contre une patrouille militaire à Ceuta ont été identifiés et sont retournés « volontairement » au Maroc, selon la Garde civile espagnole. Plus d’un mois après l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole, la tension est toujours vive sur ce petit bout de terre situé au nord du Maroc.
Samedi 5 septembre dans la soirée, des militaires qui patrouillaient près de la plage du Trampolín, où vivent encore de nombreux migrants, ont signalé qu’ils étaient la cible de jets de pierres. « La Garde civile est intervenue pour identifier les personnes impliquées, qui sont ensuite retournées volontairement au Maroc », ont indiqué des sources au sein de la Garde civile espagnole.
L’altercation s’est terminée « sans causer de dégâts matériels, ni de blessés », selon elles.
Fin août déjà, un groupe d’au moins « 50 à 70″ exilés » avait lancé des pierres et d’autres objets contre un véhicule militaire qui patrouillait, selon des informations obtenues par l’AFP auprès d’un porte-parole de la police à Ceuta. L’un des militaires avait été légèrement blessé par un jet de pierre dans le dos. Douze migrants marocains avaient été arrêtés à la suite de cet épisode, et expulsés vers leur pays d’origine.
Tensions dans l’enclave
Bien que la grande majorité des quelque 72 000 migrants arrivés fin juillet soient repartis peu après, plusieurs milliers – environ 5 000 selon le gouvernement central, 10 000 selon les autorités locales – se trouvent toujours dans l’enclave espagnole. Beaucoup d’entre eux – qui souhaitent demander l’asile – ont établi un campement sur la plage du Trampolín en attendant d’être pris en charge par les autorités.

Depuis cet afflux migratoire sans précédent, plusieurs épisodes de tension ont eu lieu dans ce territoire de 18,5 km² comptant 80 000 habitants. Fin août, des manifestations, demandant le départ des migrants, ont éclaté dans l’enclave. Certaines ont dégénéré en affrontements avec la police et des affaires d’exilés ont été brûlées par des habitants. D’après le journal espagnol El País, des policiers ont aussi empêché plusieurs tentatives de lynchage de la part de résidents envers les migrants.
Samedi, le gouvernement de Pedro Sánchez a décidé de prendre le contrôle du port de Ceuta, après que les autorités locales – dirigées par le Parti populaire, dans l’opposition -, ont refusé la mise en place de structures d’hébergement temporaire pour les migrants. Des tentes d’accueil provisoire destinées aux migrants vont être installées pour y héberger un millier de personnes.
Le gouvernement sous pression
Le gouvernement espagnol, vivement critiqué par l’opposition de droite et d’extrême droite pour sa gestion de la crise, cherche à accélérer le renvoi des migrants vers le Maroc. Les autorités ont sollicité le soutien de l’agence européenne de surveillance des frontières, Frontex, de l’agence des polices, Europol, et de l’agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA) pour prendre en charge les migrants restés à Ceuta.
Le but est que ces agents viennent « renforcer le dispositif mis en place pour gérer le tri et le traitement ultérieur des dossiers individuels des immigrés qui se trouvent toujours à Ceuta en situation irrégulière ». L’EUAA pourra notamment fournir des interprètes et mener des entretiens, en complément des fonctionnaires espagnols.
Le gouvernement a aussi annoncé la création d’un « commandement unique » à Ceuta, qui doit permettre aux différentes administrations de travailler en coordination pour accélérer l’identification des migrants.
Sources: Infomigrants
