Selon Angel Victor Torres, ministre espagnol de la Politique territoriale, 5 321 migrants sont « rentrés volontairement » au Maroc depuis le 10 août. Par ailleurs, près de 1 000 migrants qui dormaient à la rue ont été dirigés, depuis dimanche, vers des centres d’accueil temporaires de l’enclave.
Plus de 5 300 des migrants restés à Ceuta après les entrées massives de juillet sont retournés au Maroc en l’espace d’un mois, a assuré, dimanche 13 septembre, le gouvernement espagnol.
Angel Victor Torres, ministre de la Politique territoriale chargé de piloter la réponse du gouvernement, a indiqué dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux que 5 321 personnes étaient « rentrées volontairement » au Maroc depuis le 10 août – et qu’une centaine d’entre eux avaient renoncé à leur demande d’asile.
« Ce n’est pas un travail pas facile mais le gouvernement s’efforce de faire en sorte que Ceuta revienne dès que possible à la normale », a indiqué le ministre dans un post Instagram, évoquant la présence de 2 000 mineurs dans l’enclave.
Près de 1 000 migrants dirigés vers des structures d’accueil
Les critiques sur la rapidité avec laquelle les migrants sont renvoyés depuis ce territoire espagnol d’Afrique du Nord de 18,5 km² et 80 000 habitants fragilisent le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez à l’approche des élections de l’année prochaine.
Le ministre Angel Victor Torres a également indiqué que, tôt dimanche 13 septembre, 864 personnes qui passaient la nuit dans les rues de la ville avaient été transférées vers les dispositifs d’accueil. Certains ont été dirigés vers le centre provisoire de la Loma Colmenar, l’un des plus peuplés de la ville.
D’autres personnes ont progressivement été transférées vers un autre centre, celui de Los Rosales, récemment construit, dans le quartier de La Reina. La construction de ce complexe a d’ailleurs suscité des protestations parmi les riverains en raison de sa proximité avec une crèche.
Madrid a jugé « essentiel » la création de ces centres pour identifier les migrants et que « tous ceux qui n’ont pas droit à une protection internationale soient renvoyés au Maroc ».
L’ouverture de ces 864 nouvelles places dans des centres d’hébergement provisoires, porte aujourd’hui à 4 500 le nombre de lits débloqués dans l’enclave, avec l’objectif d’atteindre les 6 000 lits « dans un avenir proche ».

Distinguer les demandeurs d’asile et les personnes à expulser
La majorité des plus de 70 000 migrants qui étaient entrés à Ceuta les 30 et 31 juillet étaient retournés au Maroc dans les heures qui avaient suivi leur arrivée.
Plusieurs milliers sont toutefois restés à Ceuta, où la situation s’est depuis dégradée, donnant lieu à des épisodes de violence et à des manifestations quasi quotidiennes de la population locale, qui réclame un retour à la normale.
Le gouvernement a dû identifier les milliers de migrants qui sont restés plusieurs semaines afin de vérifier s’ils avaient droit à l’asile. Les mineurs non accompagnés font l’objet d’un traitement à part, ils ne peuvent pas être expulsés sommairement.
A lire aussi
Après la crise de Ceuta, le Maroc réagit et dit refuser d’être « un bouc émissaire »

Le ministre n’a pas précisé combien de migrants restaient à Ceuta, un chiffre qui suscite constamment la controverse entre le gouvernement de gauche et la ville dirigée par les conservateurs. Vendredi, le dirigeant de Ceuta, Juan Jesus Vivas, du principal parti d’opposition de droite, le Parti populaire (PP), a estimé leur nombre à 13 000, mais les évaluations du gouvernement sont nettement plus basses.
Les habitants, accusant le gouvernement d’avoir abandonné la ville, manifestent régulièrement tandis que des migrants continuent de camper sur les plages – notamment celle de Trampolin – et de dormir dans les rues.
« Ceuta n’est pas revenue à la normale, elle en est loin après 46 jours. La ville est une cocotte-minute qui peut exploser à tout moment », a déclaré ce dimanche sur la chaîne Canal 24H le vice-président de Ceuta, Alejandro Ramírez.
La semaine dernière, l’Union européenne a accordé une aide d’urgence d’environ 115 millions d’euros à l’Espagne afin de soutenir le pays dans la gestion de l’enclave. Cette aide servira notamment à renforcer la surveillance des frontières, à déployer du personnel supplémentaire pour identifier les migrants, à soutenir le renvoi des personnes se trouvant illégalement à Ceuta et à renforcer les capacités d’accueil dans l’enclave espagnole pour les mineurs non accompagnés, a expliqué Bruxelles.
Sources: Infomigrant
