En France, les contrôles aux frontières ont augmenté à la suite de l’afflux de migrants à Ceuta

Le 30 juillet, plus de 70 000 personnes ont pénétré irrégulièrement en quelques heures sur le sol espagnol, au nord du continent africain, dans l’enclave espagnole de Ceuta, frontalière du Maroc. La scène a marqué l’Europe entière. En France, le ministre de l’Intérieur a rapidement annoncé l’envoi de renforts pour contrôler les frontières, notamment près de l’Italie. Deux mois après ces annonces, l’augmentation des contrôles est bien visible à la frontière franco-italienne.

REP FRA 07-10-26 Augmentation des contrôles aux frontières après la crise de Ceuta OK

De notre envoyée spéciale à Menton,

Vintimille, dernière ville italienne avant la France. Au siège de l’association Caritas, une poignée de jeunes gens veulent tenter de traverser la frontière. Abderrahmane a 32 ans. Il est algérien et souhaite rejoindre ses proches à Paris.

Mais depuis cet été, les points de passage sont davantage contrôlés par la police aux frontières (PAF) françaises, selon l’association italienne. « Les deux dernières semaines, on a pu constater une présence plus forte des forces de l’ordre, de différents types à la frontière, et on a dénombré entre 60 et 70 réadmissions à la frontière par jour », explique un membre associatif.

Dix kilomètres plus loin, à la frontière, un barrage, un hélicoptère, des policiers qui jettent un œil dans certains véhicules. Les personnes qui n’ont pas les bons documents sont renvoyées vers l’Italie après une garde à vue dans un préfabriqué. Rétablis en 2015 pour lutter contre le terrorisme, les contrôles aux frontières n’ont pas cessé depuis dix ans.

Agnès Lerolle est en observation pour la Cafi, un réseau pour le droit des personnes exilées : « L’Italie, en face, se trouve vraiment à quelques mètres, donc juste après les policiers. On voit là quelqu’un qui vient de se faire refouler, un monsieur qui marche, montre-t-elle, je l’ai vu sortir du poste. Selon ce que nous disent les associations et selon même ce que parfois dit la police, ils savent que les personnes réessayent et souvent, parviennent à franchir la frontière, mais en prenant plus de risques ou en payant des passeurs. Et en plus, souvent, il n’y a pas accès à un avocat. Donc c’est assez compliqué à contester. Et ça fait quand même des années que ça dure. Or, on considère qu’il y a des procédures illégales chaque jour. »

« Il y a des accidents, il y en a qui se font écraser »

L’association dénonce des contrôles discriminatoires, notamment dans les trains. Pour cet habitant de Menton qui vient de traverser le barrage, pas de contrôles effectués. « Non, maintenant on est habitué. Donc j’ai vu pas mal de migrants qui étaient là-bas, qui m’ont demandé : ‘Est-ce qu’on peut passer ?’ Je leur ai dit oui, il n’y a pas la police », raconte-t-il. « Il y a eu beaucoup d’accidents au niveau des rails, donc ils passent par le tunnel. Et à chaque fois, les trains doivent ralentir. Il y a des accidents, il y en a qui se font écraser. Oui, il y a plus de drones, il y a plus d’hélicoptères, les moyens sont plus forts. »

Au nom de la protection de la vie privée, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a demandé au tribunal administratif d’annuler l’autorisation d’utiliser des drones. De son côté, la police aux frontières n’a pas souhaité s’exprimer sur les opérations menées.

Sources: Infomigrants

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