Grèce : ouverture et report immédiat du procès contre deux militants des droits humains

Le procès contre Tommy Olsen, directeur de l’ONG d’aide aux migrants Aegean Boat Report, et Panayote Dimitras, de l’ONG Greek Helsinki Monitor, devait s’ouvrir ce mardi à Rhodes, en Grèce, mais a été reporté au 6 avril 2027. Les deux militants sont accusés de « complicité de trafic d’êtres humains » et d’ »activités criminelles ». Les ONG de défense des droits dénoncent des « accusations qui ne reposent sur aucune preuve ».

Mise à jour du 6 octobre à 16h30 : le procès à été reporté au 6 avril 2027.

Tommy Olsen, directeur de l’ONG d’aide aux migrants Aegean Boat Report, et Panayote Dimitras, de l’ONG Greek Helsinki Monitor sont jugés à partir de ce mardi 6 octobre par un tribunal de Rhodes, en Grèce, pour « complicité de trafic d’êtres humains » et d’ »activités criminelles ».

Ces deux militants des droits humains font face à la justice grecque aux côtés de deux demandeurs d’asile camerounais pour « constitution ou participation, à but lucratif et professionnel, à une organisation criminelle visant à faciliter l’entrée et le séjour de ressortissants de pays tiers sur le territoire grec ».

Tommy Olsen et Panayote Dimitras sont poursuivis pour avoir transmis, en 2021, aux autorités locales de l’île de Kos des informations sur un groupe de migrants qui l’avait contacté afin qu’ils soient hébergés et puissent déposer une demande d’asile. En clair, la Grèce leur reproche d’avoir été contact avec des migrants avant qu’ils ne foulent le sol grec.

Ils encourent jusqu’à 20 ans de prison.

Demande d’extradition refusée

Tommy Olsen ne sera pas présent au tribunal, il sera représenté par son avocat grec. Le militant norvégien a vu sa demande d’extradition, réclamée par la Grèce, bloquée par la justice de son pays.

Tommy Olsen avait été arrêté le 16 mars à son domicile par la police norvégienne. Le même jour, un tribunal avait estimé qu’il pouvait être extradé vers la Grèce. Mais Tommy Olsen a fait appel et a été remis en liberté le 20 mars.

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La cour d’appel de Norvège a rejeté le mandat d’arrêt grec, estimant que « les actes décrits dans l’acte d’accusation grec ne sont pas punissables en droit norvégien », avait expliqué son avocat, Brynjulf Risnes, dans un courriel à l’AFP.

La cour d’appel a également jugé que « le comportement des autorités grecques comport[ait] un risque réel de violation du droit d’Olsen à la liberté d’expression », a indiqué Brynjulf Risnes.

Panayote Dimitras, quant à lui, est un citoyen grec et est sous le coup d’une interdiction de quitter le pays.

« Harceler et intimider les militants des droits de l’Homme »

Ce procès est scruté de près par les ONG de défense des droits. Dans un communiqué publié le 1er octobre, Amnesty International estime que les « accusations portées contre Panayote Dimitras et Tommy Olsen constituent un détournement flagrant de la législation anti-trafic et ne reposent sur aucune preuve ». « Tous deux sont pris pour cible en raison de leur travail de documentation des graves violations des droits humains commises à l’encontre des migrants et des réfugiés », signale Dinushika Dissanayake, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Europe.

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Aegean Boat Report et Greek Helsinki Monitor ont, à plusieurs reprises, documenté les opérations de refoulement vers la Turquie menées par les gardes-côtes grecs en mer Égée. Des opérations devenues quasiment systématiques et régulièrement dénoncées par des journalistes et de nombreuses organisations de défense des droits humains. Athènes a toujours contesté pratiquer des pushbacks.

« Les poursuites engagées contre Dimitras et Olsen s’inscrivent dans un schéma plus large et bien documenté d’abus du droit pénal et administratif par les autorités grecques pour harceler et intimider les militants des droits de l’Homme », s’est aussi insurgé Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué paru le 3 octobre.

L’ONG rappelle par ailleurs qu’en début d’année, un tribunal de l’île grec de Lesbos a acquitté 24 travailleurs humanitaires accusés de faits similaires, « après sept années de calvaire judiciaire ».

Sources: Infomigrants

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