Royaume-Uni : ce qui va changer pour la résidence permanente, annoncé le 2 novembre 2026

Les étrangers installés légalement au Royaume-Uni, notamment sous visa de travail, devront attendre en principe dix ans, au lieu de cinq, avant de pouvoir demander la résidence permanente (« indefinite leave to remain »). La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood a présenté ce nouveau système d’« installation méritée » le 2 novembre 2026 devant la Chambre des communes. Il n’est pas encore en vigueur.

Le projet, lancé en 2025, a été adouci après une consultation publique et l’opposition d’une partie des députés travaillistes. L’idée directrice : la durée d’attente dépendra de la « contribution » de la personne, mesurée surtout par son salaire et sa profession.

Les nouveautés à connaître

  1. Quatre conditions communes. Pas de casier judiciaire, un bon niveau d’anglais, aucune dette envers l’État et au moins trois ans de cotisations à la National Insurance (sécurité sociale britannique).
  2. Dix ans par défaut. C’est la durée de référence, notamment pour les salariés gagnant moins de 50 000 livres par an. Ils pourront renouveler leurs visas temporaires jusqu’à l’obtention du statut.
  3. Cinq ou trois ans selon le profil. Cinq ans pour les revenus d’au moins 50 000 livres, ainsi que pour les médecins, infirmiers, enseignants et autres agents publics. Trois ans pour les revenus supérieurs à 125 000 livres.
  4. Les aides-soignants épargnés. Ceux qui gagnent au moins 25 000 livres conservent un parcours de cinq ans, alors que le projet initial prévoyait jusqu’à quinze ans. Cette protection vise les personnes arrivées dans ce secteur avant le livre blanc de mai 2025.
  5. Des délais très longs pour certains réfugiés. Cinq ans pour ceux arrivés par les voies légales et sûres, jusqu’à 20 ans pour les autres, et jusqu’à 30 ans pour une entrée irrégulière, par exemple en « small boat ». Travailler ou étudier pourrait réduire ces durées.

Certains publics gardent les règles actuelles : titulaires du statut BN(O) de Hong Kong, militaires, personnes ayant un lien familial britannique et parcours hérités comme Windrush. Les personnes ayant perçu des aides sociales devraient justifier cinq années consécutives sans y avoir recours.

Les limites et points de vigilance

  • Rien n’est encore en vigueur. Les règles actuelles (cinq ans pour la plupart des visas de travail) continuent de s’appliquer jusqu’à la publication d’un « statement of changes » modifiant les Immigration Rules. Aucune date précise n’a été publiée ; des médias évoquent une mise en œuvre au cours de 2027.
  • Les personnes déjà sur place sont concernées. Selon les premières analyses, ce sont les règles en vigueur au moment de la décision qui compteront, et non celles de la date d’arrivée. Les mesures de transition restent à confirmer dans les textes.
  • Le sort des membres de famille (conjoints, enfants à charge) n’est pas encore précisé dans les informations publiées.

L’opposition conservatrice parle d’un « demi-tour » coûteux, tandis que les libéraux-démocrates reprochent au gouvernement de privilégier les annonces. Le solde migratoire net du pays est tombé à 171 000 personnes sur l’année achevée en décembre 2025, selon l’Office national des statistiques.

Où s’informer

Site officiel du gouvernement : résultats de la consultation sur l’« earned settlement » (gov.uk). Les futures règles seront publiées sur gov.uk, rubrique Immigration Rules.

Cet article est informatif : chaque situation étant particulière, vérifiez votre cas auprès de l’administration compétente ou d’une association spécialisée.

Sources : AP / ABC News, Nara Solicitors, gov.uk

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut