La Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar) a annoncé le déploiement de navires européens sous mandat de l’agence Frontex pour appuyer les opérations de sauvetage dans la Manche dès ce mois de septembre. Les bateaux déployés par l’agence des gardes-frontières européenne ne participeront pas à des opérations d’interception en mer.
C’est une première. Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes va envoyer des bateaux dans la Manche et en mer du Nord pour participer aux opérations de recherche et de sauvetage des migrants, ont annoncé vendredi 4 septembre des responsables, juste après la rencontre entre les dirigeants français et britanniques consacrée à la question migratoire.
Dans un communiqué officiel, les autorités rappellent qu' »au regard des défis posés par la crise migratoire qui sévit depuis 2018 (…) les navires déployés sous mandat Frontex opéreront au sein du dispositif de sauvetage permanent déployé en Manche mer du Nord, coordonné par le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez, sous l’autorité du préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord ».
Les bateaux déployés prochainement ne participeront donc pas à des opérations d’interception en mer.
Deux navires espagnols et un navire lituanien déployés
Concrètement, Frontex enverra deux navires espagnols (le « Duque de Ahumada » puis le « Rio Segura » ) de septembre à octobre, puis un navire lituanien jusqu’en janvier 2027, afin de se joindre aux patrouilles françaises.
« Ces déploiements mettent en lumière l’engagement de Frontex à contribuer activement à la sécurité des frontières maritimes de l’Union européenne », lit-on encore dans le communiqué.
Le Duque de Ahumada « a commencé à opérer au large des côtes françaises cette semaine. Il sera remplacé fin septembre par le Río Segura », précise Frontex dans un communiqué.
« Les navires contribueront à donner aux autorités françaises une image plus complète de ce qui se passe en mer. Ils détecteront (…) les ‘small boats’ transmettant des informations précises en temps réel aux autorités », écrit encore l’agence européenne. « Frontex aide les autorités nationales à surveiller le littoral et les eaux entre la France, la Belgique et le Royaume-Uni. »

La Manche est l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde et de nombreux migrants ont trouvé la mort dans ses forts courants en tentant de passer de la France vers la Grande-Bretagne. Ces dernières semaines, les passeurs ont fait monter plus de 100 personnes à bord de canots pneumatiques, désormais appelés mega boats.
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Des records de surcharge de bateaux battus les uns après les autres. Mi-juillet, l’arrivée au Royaume-Uni d’un bateau comptant 130 exilés à son bord avait retenu l’attention, il a été suivi le 23 juillet par un autre transportant 165 personnes. Puis le 10 août, c’est une embarcation de 230 migrants qui a atteint les côtes anglaises.
En août toujours, les gardes-côtes français avaient aussi dû secourir 173 personnes à bord d’un bateau qui avait pris feu.
Au moins 16 morts depuis le début de l’année
Depuis début janvier, au moins 16 personnes ont péri dans la Manche en essayant de rejoindre l’Angleterre, selon un décompte réalisé par InfoMigrants. Ces traversées maritimes comportent en effet des risques mortels de noyade, de bousculade et d’étouffement, souvent liés au nombre trop élevé de migrants à bord des embarcations et à la pression exercée par les passeurs.
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L’immigration est l’un des sujets politiques les plus clivants en Europe, y compris en Grande-Bretagne où le parti travailliste au pouvoir est confronté à la concurrence du parti populiste Reform UK, qui s’est engagé à empêcher l’arrivée de migrants par bateau.

Les arrivées au Royaume-Uni ont nettement baissé ces derniers mois. Le nombre total des migrants ayant traversé la Manche de la France vers le Royaume-Uni cet été – une période qui connaît généralement une augmentation de la fréquence de ces passages en raison d’une météo plus clémente – a chuté à son niveau le plus bas en sept ans, a annoncé le 31 août le gouvernement britannique, saluant le succès de son accord de coopération avec la France.
Londres avait annoncé en avril son intention de verser à la France jusqu’à 660 millions de livres sterling (768,54 millions d’euros) dans le cadre d’un accord triennal sur la sécurité aux frontières visant à endiguer les traversées illégales de la Manche par des migrants, une partie du financement étant subordonnée aux résultats obtenus.
L’année dernière, les deux pays avaient aussi convenu d’un programme pilote « un pour un », en vertu duquel la France accepte le retour des personnes sans papiers arrivant en Grande-Bretagne à bord de petites embarcations, en échange de quoi elle s’engage à accueillir un nombre équivalent de demandeurs d’asile en règle ayant des liens familiaux au Royaume-Uni.
Sources: Infomigrants
