Les forces de sécurité du Bangladesh ont libéré au moins 57 personnes, dont des réfugiés rohingyas, lors d’un échange de tirs avec des trafiquants présumés près de la frontière avec la Birmanie, dans la nuit du jeudi 5 novembre 2026. Un soldat a été tué. L’opération rappelle l’emprise des réseaux de traite sur les camps de Cox’s Bazar, à deux semaines d’une décision attendue de la Cour internationale de justice.
Une opération dans les collines de Teknaf
Selon le service de communication de l’armée bangladaise (ISPR), cité par l’AFP, l’intervention a eu lieu dans les collines de Rongikhali, à Teknaf, à l’extrême sud du pays. Les militaires avaient été alertés qu’un groupe armé de 15 à 16 trafiquants présumés retenait environ 120 personnes, des réfugiés rohingyas et des Bangladais. Au moins 57 d’entre elles ont été libérées. Le soldat Md Titash Sheikh, 27 ans, touché à l’épaule gauche pendant l’affrontement, a succombé à ses blessures.
Le Bangladesh accueille plus de 1,2 million de réfugiés rohingyas, pour la plupart arrivés après la répression menée par l’armée birmane en 2017. Dans les camps surpeuplés autour de Cox’s Bazar, les gangs ciblent les réfugiés en quête de travail ou d’un passage vers un autre pays. La répression de 2017 fait l’objet d’une procédure pour génocide devant la Cour internationale de justice de La Haye, qui doit rendre sa décision le 19 novembre 2026.
En Malaisie, une vie sans statut légal
Pour ceux qui parviennent à quitter la région, l’arrivée ne met pas fin à la précarité. En Malaisie, environ 126 000 Rohingyas étaient enregistrés auprès du HCR en février 2026, selon un reportage publié le 6 novembre par The Korea Times. Le pays ne reconnaît pas légalement le statut de réfugié, ce qui expose ces personnes au risque de détention par les services d’immigration.
Les témoignages recueillis décrivent un quotidien fragile : un réfugié qui collecte de la ferraille gagne environ 30 ringgits par jour (7,50 dollars), et des enfants d’âge scolaire n’ont pas accès à l’école. Selon l’organisation CSW, les Rohingyas ne peuvent pas enregistrer officiellement leurs propres lieux de culte ; certains évitent les mosquées par crainte des contrôles, et des banderoles hostiles ont été affichées dans quelques quartiers. L’association Rohingya Rights Response, cofondée par l’étudiant en droit Nur Sadek, documente aussi le harcèlement en ligne visant la communauté et plaide pour l’accès à la santé, à l’éducation et à des salaires décents.
Sources : The Manila Times (AFP) ; The Korea Times
